Rue de la Corraterie

En référence aux marchés aux chevaux qui se tenaient dans cette rue.
Agriculture
Description

Pendant les foires, le marché aux chevaux se tenait dans cette rue qui s'appelait " Carreria corrateriae equorum". L'abréviation était indiquée. Le nom Corraterie peut s'appliquer aussi bien au courtage proprement dit qu'à la course des chevaux. Au XVIIe siècle, le premier manège genevois s'établit à cet endroit et les premiers maîtres d'équitation, en même temps maquignons, étaient appelés des "corratiers".

C'est dans cette rue que fut ouvert le premier théâtre de Genève en 1766. On raconte que lorsque le bâtiment brûla en 1768 (après 144 représentations seulement), les protestants les plus fervents ne participèrent pas à la chaîne de seaux d'eau comme il était d'usage dans pareil cas. En effet, le théâtre était méprisé par de nombreux habitants de Genève à cette époque.

Définition de l'Arrêté du Conseil d'État
Secteur 001 :
42. Rue de la Corraterie
- Place de Bel-Air / Place de Neuve
Anecdote(s)
  • Retrouvez une recherche plus complète sur cette dénomination de rue sur le site Interroge.
    Contribution Interroge
  • Une autre définition est celle proposé par Jules Vuy, à savoir : ""C’est dans cet espace autrefois occupé par l’Arve que se fixèrent des hommes qui ne jouissaient pas de tous les droits des citoyens de la ville, et qui étaient soumis à la corvée ; on les appelait corraterii (corratiers, courratiers), à peu près comme on désignait sous le nom de vilains ou de manants les roturiers ou les taillables. De là est venue, à Genève, la qualification du quartier de la Corraterie ; une nouvelle classe d'hommes prenait naissance aux portes de la ville. L’expression de courratier, plus ou moins modernisée dans le sens qu’on lui donne, existe encore de nos jours dans notre vieille langue patoise." — (Jules Vuy, À propos d'un testament, dans Savoie et Savoyards: Le congrès des sociétés savantes de la Savoie, huitième cession, 19-22 août 1886, chapitre II ; Imprimerie A. Dubouloz, Thonon, 1886, page 80. Voir: wiki/corraterie)

    La Corraterie était un faubourg de la ville aux XV-XVIe siècle. En 1534, les Bernois poussèrent les Genevois à abattre tous les faubourgs pour améliorer la protection de la ville contre les tentatives du duc de Savoie, voire d'autres seigneurs tel que le roi de France (en omettant de parler d'eux-mêmes). Les Genevois suivirent cette idée et détruisirent l'ensemble des faubourgs, excepté celui de la Corraterie, qui ne sera finalement détruit qu'en 1540. Ces faubourgs comprenaient des habitations, certes, mais plus encore des granges, des jardins, des échoppes et des tavernes. La Réforme étant adoptée en 1536, suivant de peu l'indépendance de Genève, la population catholique partie et celle favorable au Saint Évangile a été relogée intra-muros. La compensation pour les biens immeubles détruit était plutôt faible, mais elle a quand même existé comme nous le montre les plaintes retranscrite dans les registres des Conseils de Genève conservés aux AEG. 

    Quand à la Corraterie, durant ces quelques années d'existence supplémentaire, elle a été consacrée aux aisances (toilettes publiques) et surtout à l'Écorcherie, soit les abattoirs, car les bouchers perdirent le droit d'abattre les animaux dans leur locaux, pour des raisons de santé publique... et surtout de contrôle, chaque animal abattu étant soumis à une taxe.
    (Contribution 2025-12-17)